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JOUR 58 – KILOMÈTRE 3100 (Kelowna, BC)

14/07/2016

Je me lève tôt et déjeune avec un gruau et mes fameux muffins anglais au beurre de peanut et bananes. Les muffins anglais, en plus d’être vraiment bons, se trainent très bien, car ils ne s’écrasent pas dans les bagages, tandis qu’un pain 24 tranches prend l’allure d’un gros pain pita après une journée de route!

Je ramasse ensuite mes bagages et ma tente et je charge mon vélo. Nous partirons peu après 10 heures. C’est plus tard que ce dont j’ai l’habitude, mais je ne suis pas pressé aujourd’hui. Kelowna n’est pas très loin et je dois attendre que mon ami termine de travailler.

Comme nous avons un bon vent de face, la progression est plus difficile. Nous commençons donc à faire des relais pour se couper le vent. Lorsque nous sommes disciplinés, la différence est remarquable. À l’arrière, on n’a pratiquement plus besoin de pédaler pour rester dans le groupe.

Peu avant le pont qui mène à Kelowna, nous arrêtons au Tim Hortons. Ils vont s’y reposer avant de continuer leur périple, tandis que moi je vais rédiger mon blog en attendant que mon ami termine sa journée.

Au moment de les quitter, je suis un peu triste. Nous n’avons pas été longtemps ensemble, mais j’ai adoré être avec des gens qui vivaient la même chose que moi. Une connexion s’est créée très rapidement. Nous échangeons donc nos coordonnés et nous nous serrons dans nos bras. Je leur souhaite bonne chance. J’espère que ce voyage sera pour eux une aussi belle expérience que pour moi.

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Je me mets maintenant au travail. Je change ma position sur la carte et je retouche des photos.

Mon cellulaire sonne alors avec un numéro inconnu! Je réponds, on ne sait jamais, je viens peut-être de gagner une croisière!

La voix à l’autre bout du fil m’est familière, mais je n’arrive pas à dire qui parle. Après quelques échanges, je demande finalement qui est à l’appareil et il me répond que c’est Pierre Lavoie! Wow ! Je suis vraiment surpris, sur le choc même! Nous échangeons quelques instants et il me souhaite bonne chance pour la suite de mon voyage.

J’apprendrai plus tard que ma famille a eu cette idée et que ma cousine, Claudie Lemay, qui travaille pour Leucan, a contacté l’organisation du Grand Défi pour leur mentionner qu’un de leur bénévole faisait la traversée du Canada à vélo. Elle leur a ensuite demandé si Pierre Lavoie ne pourrait pas me donner un petit coup de fil. Pierre Lavoie a répondu personnellement à ma cousine quelques heures plus tard, pendant ses vacances, pour dire qu’il le ferait avec plaisir.

C’est un geste qui m’a beaucoup touché, car il est pour moi un modèle. Il a comme objectif de changer le monde et il va y arriver. J’admire beaucoup les gens qui ont du courage, de la détermination, de la persévérance et un professionnalisme comme lui.

Je me remets tranquillement de mes émotions en partageant la nouvelle avec ma famille!

Lorsque mon ami m’appelle, je quitte le Tim Hortons pour aller le rejoindre à un café. Il m’invite alors à souper dans un restaurant très chic, je suis presque gêné d’être encore habillé en cycliste. Après cette belle soirée, il me fait voir un peu la ville et nous rentrons. À la maison où il loue une chambre, je fais la connaissance de son ami. C’est un gars très sympathique.

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RencontreOkanagan

JOUR 57 – KILOMÈTRE 3058 (Summerland, BC)

13/07/2016

Ce matin, je retourne voir le couple d’hier. La femme me donne un plat de chili congelé pour la route et nous prenons une photo. Je vais aussi remercier les propriétaires du camping qui m’ont donné la nuit gratuite.

Je reprends ensuite la longue descente entamée la veille. C’est un long faut plat qui descend le long de la Similkameen River. Après quelques dizaines de kilomètres, je m’arrête, une fois de plus, pour prendre un photo. C’est alors qu’un gars de mon âge, en vélo avec plein de bagages, passe devant moi en me saluant. Je le rattrape finalement après quelques minutes, alors qu’il est arrêté à un dépanneur. Il me raconte qu’il fait le même voyage que moi avec son père, mais en partant de Victoria, BC et en terminant à St-Jhon’s, NL.

Son père, un Québécois, nous rattrape à son tour quelques minutes plus tard. Étant plus jeune, il est déménagé en Colombie-Britannique après être tombé en amour avec une femme de Vancouver. Ils ont ensuite eu trois garçons. En discutant, je me rends compte que c’est le monsieur que j’avais vu quitter le camping à Hope, BC, la journée précédente.

Nous décidons de continuer la journée ensemble. Je roule avec le père et nous discutons en descendant cette magnifique route.

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Plus tard dans la journée, nous nous arrêtons pour prendre une photo. Mais en repartant, je constate que j’ai une crevaison sur la roue arrière. Je leur propose donc de continuer leur chemin, je ne veux pas les retarder, mais ils insistent pour m’aider. Nous changeons donc la crevaison, mais dans l’empressement, je ne vérifie pas s’il y a quelque chose à l’intérieur de mon pneu. Nous repartons après quelques minutes, ma roue de nouveau fonctionnelle.

Je suis vraiment impressionné par la beauté de la région!

Lorsque nous arrivons à Penticton, l’endroit où j’avais prévu rester pour la nuit, nous arrêtons dans un Tim Hortons pour nous reposer. Je dois maintenant décider si je continue la route avec eux ou si j’y passe la nuit. Le lendemain, je dois seulement me rendre à Kelowna, car je vais y passer quelque temps avec un ami.

Finalement, comme je m’entends bien avec eux, je décide de continuer. Le long de la route, il y a plusieurs commerces de fruits frais, des pêches, des cerises, des pommes etc. On peut même les cueillir nous-mêmes!

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Lorsque nous arrivons enfin à notre camping, un peu après Summerland, la pancarte affiche complet. Nous sommes très désappointés, car il est plus de 20 heures. Nous avons fait une très longue journée (ils ont fait 120 kilomètres et moi 140) et nous avons une grosse côte à monter avant de pouvoir continuer notre chemin. Nous nous arrêtons quelques minutes pour digérer la nouvelle. Puis, nous décidons, d’un commun accord, de descendre la grande côte en zig zag et d’aller voir s’il n’y aurait pas une petite place pour nous. La dame à l’accueil nous explique alors qu’il n’y a rien à faire puisqu’elle ne peut pas nous inscrire dans le système informatique sans un numéro de site.

Nous nous résignons donc à dormir sur le bord de la route en bordure du parc, mais avant de remonter la grande côte, nous allons chercher de l’eau en bonne quantité. Pendant que nous remplissons nos réservoirs à tour de rôle, un homme vient nous questionner sur nos voyages. Nous discutons avec lui, et au moment où il nous quitte, je mentionne que nous ne pouvons dormir sur le site et que nous devons remonter en haut pour dormir en bordure de la route. Je prends une chance, peut-être que cet homme aurait une solution à nous proposer, mais celui-ci retourne à son campement en nous souhaitant bonne chance.

Sur la route pour remonter, je fais un dernier arrêt aux toilettes. Lorsque je ressors, quelques minutes plus tard, l’homme est en train d’expliquer que le couple sur le terrain voisin s’est chicané et a ramassé son équipement avant de quitter les lieux. Il propose donc à la dame de l’accueil que nous prenions l’emplacement.

Après vérification de sa part, nous avons droit de prendre le site, et ce, gratuitement! Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ce soir, les autres, c’est nous!

Après s’être installés, avoir pris une bonne douche et avoir mangé, nous discutons quelques instants à la table. Nous sommes encore trop réveillés pour dormir.

Lorsque nous allons finalement nous coucher, je m’endors immédiatement en posant la tête sur mon sac étanche.

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Rencontre Princeton

JOUR 56 – KILOMÈTRE 2917 (Princeton, BC)

12/07/2016

Ce matin, je prends quelques heures pour travailler sur mon blog et avancer mon vélo sur la carte. Je pars finalement à 11h, ce qui est vraiment tard pour la route que j’ai à faire. Je veux me rentre à Princeton, BC, ce qui totalise environ 115 kilomètres en plus des nombreuses montées.

J’ai le profil d’élévation dans la tête: une montée, une petite descente, une autre montée et une longue descente.

J’attaque donc la première montée. C’est semblable à hier, je monte une section, je me repose et je repars. Ça se fait relativement bien, mon entraînement à Terre-Neuve fait une grosse différence! Le fait d’être parti aussi tard me met une certaine pression. J’y mets beaucoup plus de coeur, car je veux absolument me rendre à Princeton, BC.

AllisonPassSummit

Après plusieurs kilomètres de montée, la route se met à descendre pendant quelques kilomètres, je pense que je suis dans la petite descente. Je ne suis donc pas surpris de recommencer à monter. Je tombe ensuite dans une longue descente de plusieurs kilomètres, qui je crois, est la fameuse descente qui me mène jusqu’à destination.

Quelle ne fût pas ma surprise, après une très longue descente, de recommencer à monter. La côte n’est pas une petite bute, elle monte vraiment longtemps. Je suis découragé de réaliser que tout ce que j’ai descendu est en fait la petite descente et que cette montée est la deuxième grande montée. Je prends mon courage à deux mains et j’entreprends le travail!

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Lorsque j’arrive au sommet, je suis exténué, mais heureux. La vraie descente commence alors, et je profite de chaque kilomètre.

SundaySummit

En arrivant à Princeton BC, je me dirige vers un camping. Pendant que le propriétaire me montre où je peux m’installer, un couple s’approche de mon vélo. Je leur explique donc ce que je fais. C’est alors que le propriétaire m’offre la nuit gratuitement. Je suis vraiment content! Sa petite fille est atteinte du cancer et il est touché par la cause.

Princeton

Le couple, quant à lui, m’offre à souper. La femme me réchauffe du chili, qu’elle me sert avec du pain et de la salade. Un délice! Ils m’expliquent qu’ils sont originaires de l’Ontario et qu’ils sont venus rendre visite à leur fils. Celui-ci leur a prêté son VR et leur a donné le chili qu’il a fait lui-même!

La dame est tellement impressionnée, qu’elle me demande de faire une petite entrevue, que son mari filme avec son téléphone. Elle veut la partager à ses amis!

Rencontre Hope

JOUR 55 – KILOMÈTRE 2801 (Sunshine Valley, BC)

11/07/2016

Ce matin, j’ai l’impression d’avoir dormi sur la corde à linge, mais j’ai hâte de quitter ce terrain de malheur. Je me dépêche à ramasser mes choses et je dé***** (du verbe déguerpir) !

Rapidement, la route me redonne ma bonne humeur. Je rencontre un cycliste avec une remorque remplie de bagages. Il parcourt plus de 4 000 km avec un vélo de montagne et des gros pneus à crampons! En avançant, ses pneus font un bruit qui témoigne de l’effort qu’il doit fournir. Je suis très impressionné, car jamais je n’aurais le courage de partir pour un tel voyage équipé de la sorte!

En passant devant le camping à Hope BC, je vois un autre monsieur avec un vélo et beaucoup de bagages. Nous nous envoyons la main et je continue mon chemin. Je me dirige au Tim Hortons pour travailler sur mon blog. Malheureusement, sur les lieux, je constate qu’il n’y a pas de prise pour mon ordinateur. Tant pis!

Aujourd’hui, je me dirige vers Sunshine Valley BC, ce qui totalise un faible kilométrage. Mais comme la nuit précédente a été éprouvante, que le prochain endroit pour dormir est trop loin et que je commence l’ascension aujourd’hui, ce sera suffisant.

Puisque tellement de gens m’ont parlé des Rocheuses en mentionnant les montées très difficiles qu’elles comportent, je suis un peu nerveux. J’ai peur de frapper mon Waterloo. Après tout, je ne suis pas un grand sportif, cela ne fait pas encore deux mois que je fais du sport qui vaut la peine d’être mentionné. La fatigue me rend moins sûr de moi.

Montagnes

Je me donne un bon coup de pied et je pars. Après tout, je suis capable de le faire! Je prendrai le temps qu’il faut!

Ça monte pratiquement sans arrêt! Lorsque la pente très à-pic laisse place à un faux plat montant, nos sens nous trompent et on a l’impression de descendre. C’est lorsqu’on regarde derrière qu’on réalise que ça montait toujours! Plus la côte est raide et plus l’effet est impressionnant.

La montée se fait relativement très bien. C’est beaucoup moins difficile que ce que j’appréhendais. J’arrive à Sunshine Valley à une belle heure. Le village est extrêmement petit, je décide donc de prendre un emplacement au RV Park. La dame, très sympathique, me donne un emplacement avec tous les services, près des installations, pour le prix d’un emplacement sans service de l’autre côté de la route. Il m’en coute 13$ pour internet, électricité, piscine et spas (intérieur et extérieur). Quelle différence avec hier!

Je m’installe et me dirige sur le champ dans le spa. En me faisant chauffer, je regarde les montagnes qui m’entourent, c’est magnifique! J’alterne ensuite entre le spa et la piscine.

Un couple d’Allemands, accompagné de leur fille, se joint à moi. Nous parlons de l’Allemagne et de mon voyage. Ils sont impressionnés par ce que je fais. Un autre couple se joint ensuite à nous. Lorsque les premiers s’en vont, ils me parlent de mon voyage. Au fil de la discussion, ils m’invitent à manger avec eux.

J’avais prévu rédiger mon blog, mais je ne peux refuser cette offre pour m’asseoir à l’ordinateur!

Rencontre Sunshine Valley

Ce sont des gens de la Colombie-Britannique qui sont en voyage dans la région. Ils me servent des hamburgers et moi je leur sers du hareng fumé des Îles de la Madeleine. Ils me disent qu’un de leur ami aimerait beaucoup le hareng, je décide donc de leur en donner un filet supplémentaire pour ce dernier. En l’emballant, elle dit à son mari qu’il est défendu d’y toucher. Le gourmand en moi compatit alors avec le gourmand en lui, de sorte que je lui laisse un deuxième filet pour lui!

Ce couple est très chaleureux, je me sens très bien avec eux. Nous passons la soirée à parler de tout et de rien.

Dépanneur

JOUR 54 – KILOMÈTRE 2743 (Agassiz, BC)

10/07/2016

Ce matin, je ne peux me permettre de retarder mon départ plus longtemps. Je serais resté dans cette ville pour encore une semaine, mais je veux me garder du temps pour d’autres endroits. Après tout, je n’ai pas encore parcouru la moitié de mon trajet et les prochains jours promettent plusieurs belles surprises.

Nostalgique, je défais mon campement et charge le tout sur mon vélo. Je quitte le camping et me dirige vers les montagnes, que je n’ai toujours pas vues. Aujourd’hui, je roule dans une vallée qui sillonne le creux des premières montagnes. C’est une route sans montée importante, ce qui fait changement de Terre-Neuve.

Pont

Riviere

Il y a un nombre effarant de motos. Elles me dépassent toutes à vive allure! Certaines roulent même sur mon côté de la ligne blanche, ce qui me donne parfois une bonne frousse. Après plusieurs kilomètres, j’aperçois la raison de la présence de toutes ces motos. Il y a un rassemblement de motos qui fait un boucan d’enfer. Je m’arrête et admire des motos modifiées, certaines très belles. Avant de vouloir faire la traversée du Canada en vélo, je voulais partir en moto, mais de petits détails m’en ont empéché: je n’avais pas de permis, ni de moto…

Arrivé à Kent j’entreprends de me trouver un endroit où piquer ma tente. Après plusieurs tentatives infructueuses, une dame me suggère de dormir sur un terrain « abandonné » dont le propriétaire vient faire le ménage à l’occasion. Le terrain est parsemé d’ordures et une vieille roulotte décore l’endroit pittoresque. Elle me spécifie que le voisin est légèrement bizarre. Ce que je constate rapidement en regardant la maison qui tombe en ruine. Je n’aime pas camper à des endroits où je n’ai pas l’autorisation du propriétaire, mais je n’ai pas d’autres options qui s’offrent à moi.

Campement Kent

Ce soir, j’essaie, pour la première fois, de manger du corn beef. Le goût est pas trop pire, mais c’est extrêmement salé! Après avoir mangé la moitié de la boîte, je n’en peux plus. J’ai l’impression de ne pas avoir bu d’eau depuis deux jours. Plusieurs litres (littéralement) seront nécessaires pour étancher ma soif.

La nervosité d’être campé sur un terrain sans autorisation, additionné au besoin récurrent d’évacuer les litres d’eau consommés plus tôt et au voisin qui sort de sa maison pour claquer un couvert de poubelle plusieurs fois dans la nuit, font que je passe une nuit d’enfer!

skytrain

JOUR 53 – Repos

09/07/2016

J’avais prévu travailler tout l’avant midi sur mon blog pour rattraper mon retard (non négligeable), mais en voyant le beau soleil, je ne peux résister à l’appel de Vancouver! Je décide donc de grimper à bord du train, mais cette fois, dans la direction inverse! Je me dirige vers l’est avant d’aller vers le sud puis l’ouest. Je reviens à Vancouver par un chemin complètement différent!

Cette fois, mon instinct me fait débarquer à la station Stadium-Chinatown! En sortant de la station, j’aperçois un supermarché asiatique. Comme j’ai toujours faim, je ne résiste pas à la tentation et j’entre. À l’intérieur, c’est très dépaysant, tout est écrit en symboles et l’inventaire est très différent de ce qu’on a l’habitude de voir. Le plus spécial est la poissonnerie. Un très grand choix de poissons et de fruits de mer vivant est présenté dans des aquariums géants. Au moment d’écrire ces lignes, je regrette de ne pas avoir pris de photos!

Je m’achète un pain à l’oignon et fromage, une boisson à l’aloès et un paquet de goberge. Je mange ma collation en errant dans les rues de Vancouver. Cette fois, je suis dans un tout autre monde, j’arrive dans une section beaucoup plus pauvre. Il y a un nombre déconcertant de sans-abris qui ont l’air, pour la plupart, fortement intoxiqués. Je fais rapidement demi-tour car je n’aime pas voir des gens dans une telle difficulté!

Ruel_Vancouver

J’arrive enfin à un coin de rue plus touristique. J’entends une musique qui ressemble à des grosses flûtes et je vois au loin une foule rassemblée à une intersection. En m’approchant, pour voir de quoi il s’agit, je vois une grosse horloge. Les plaques signalétiques expliquent qu’elle fonctionne à la vapeur. Les gens attendent leur tour pour se prendre en photo devant l’horloge. Je dois donc attendre entre les photos pour lire les plaques et regarder le mécanisme.

horloge

Je retourne finalement à Canada Place où il y a aujourd’hui deux énormes bateaux de croisière. Le premier, le MS Nieuw Amsterdam, est magnifique. Il fait plus de 285 mètres de longueur. Je regarde le personnel qui supervise une pratique des mesures de sécurité. Les gens sont rassemblés par petits groupes et le décompte est fait. Lorsque la pratique est terminée, les matelots entament les procédures pour quitter le port. Je regarde avec curiosité les manoeuvres. Je suis impressionné par la précision presque militaire de leurs gestes.

Bateau_Vancouver

Pour terminer ma dernière journée dans cette ville, je m’assieds près du Vancouver Convention Centre et je lis mon livre en regardant les gens défiler. J’aime bien prendre le pouls d’une ville en m’asseyant et en regardant la dynamique d’un endroit précis.

Vancouver Harbour

JOUR 52 – Repos

08/07/2016

Ce matin, je veux aller visiter la ville de Vancouver! Comme je suis à Burnaby, je décide de prendre le Skytrain. Je laisse mon vélo au camping, je n’aurai donc pas toujours à le surveiller pour éviter de me le faire voler. Je le traine pratiquement sans arrêt depuis près de deux mois, je me sens donc libre!

Skytrain_Vancouver

C’est sans trop savoir où je vais que j’embarque à bord du Skytrain. Je n’ai pas envie de voir les grands attraits bondés de touristes, je veux seulement relaxer et prendre le pouls de la ville. Je fais donc confiance à mon instinct. C’est très agréable de voyager dans les airs, on voit très bien les différentes parties de la ville. Je choisis finalement de débarquer à la station Burrard! En sortant, la station est entourée d’arbres, c’est magnifique! Après avoir regardé des gens descendre en rappel d’un édifice voisin, je décide de marcher vers le nord pour atteindre le bord de l’eau. Wow! Cette ville est magnifique, les édifices sont tous plus beaux les uns que les autres et il y a beaucoup d’arbres.

Descente

En longeant le bord de l’eau, devant le Vancouver Conference Center, j’aperçois une base d’hydravions! Les avions décollent et atterrissent dans Vancouver Harbour. J’y reste un bon moment pour regarder ce spectacle. Je quitte ensuite pour marcher dans le Harbour Green Park. C’est vraiment magnifique, je suis en train de tomber en amour avec cette ville! J’appelle mes grands-parents pour leur donner des nouvelles!

Après avoir englouti une bonne pizza végétarienne extra viande chez Dominos, je me dirige vers le Stanley Park! J’y marche et j’observe la végétation très différente de ce que j’ai l’habitude de voir. Il y a une plante tout droit sortie de Jurassic Park, elle ressemble à un plant de rhubarbe géant!

Plante

Il y a tellement de gens qui passent par ces sentiers que les animaux n’ont pas peur de nous: des ratons laveurs, des canards, des bernaches et un signe se laissent approcher. C’est vraiment particulier.

En revenant du parc, je parle à ma mère et je lui dis à quel point j’aime cette ville et comment je suis déçu de quitter le lendemain. Finalement, elle me fait réaliser que je ne suis pas à une journée près pour mon retour. Je décide donc, encore une fois, de prolonger mon séjour d’une journée! D’habitude, je préfère la campagne à la ville, mais celle-ci a un effet sur moi que je ne m’explique pas!

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Le soir venu, je vais me baigner à la piscine du camping et je vais ensuite travailler sur la rédaction de mon blog. J’y passerai la soirée.

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Jours 50 et 51 – Kilomètre 2640 (Burnaby, BC)

06/07/2016

Ce matin, Gee, qui est styliste, m’offre de rafraîchir ma coupe de cheveux! Il fait une très belle job avec mon tour d’oreilles! Il a été très généreux avec moi! Il m’a fait visiter des endroits que je n’aurais pu voir par moi-même. Il a aussi fait une différence énorme dans la préparation de mes bagages, car je n’aurais pu aller chercher les boîtes en vélo! Sans lui, mon séjour à St. John’s aurait été complètement différent.

C’est aujourd’hui que je m’envole enfin pour traverser le pays d’un bout à l’autre! Je m’assure que tous mes bagages sont dans la boîte et je la ferme avec une quantité énorme de tape. Je veux être sur qu’elle tiendra le coup!

Comme j’ai des bagages qui sortent un peu de l’ordinaire, je désire aller les enregistrer plus tôt. Finalement, tout se déroule très bien, la jeune dame pèse mes boîtes et ferme les yeux sur le poids excédentaire. Elle m’offre aussi de changer ma place dans l’avion gratuitement!

Chaque fois que je prends l’avion, j’ai toujours le même sentiment. Je me sens comme un petit garçon qui vient de recevoir un jeu de mécano pour Noël! Pilote d’avion a été le premier métier auquel j’ai rêvé! Durant toute mon enfance, j’ai voulu piloter les CL-415, ces avions qui combattent les feux de forêts. La puissance de l’appareil lorsqu’il se hisse hors de l’eau et l’urgence dans laquelle évoluent les pilotes m’ont séduit dès l’âge de 4 ans. Finalement, vers l’adolescence, d’autres passions l’ont emporté pour mon choix de carrière, mais un jour, je réaliserai ce vieux rêve de devenir pilote!

Mes vols se déroulent très bien, mais je n’arrive pas à dormir beaucoup. Je lis pratiquement la moitié de mon nouveau livre: All in de Arlene Dickinson. En arrivant à Vancouver, je suis complètement épuisé. Il est alors 1h du matin. Après avoir été réveillé pendant plus de 21 heures, la seule chose que j’ai en tête est de dormir! Je pars donc à la recherche d’un coin pour m’étendre. Je trouve finalement un corridor un peu moins achalandé que les autres où j’ouvre ma grosse boîte pour récupérer mon matelas et je m’étends! Le sommeil me gagne rapidement. Je suis soudainement réveillé par une sonnette! En ouvrant les yeux, j’aperçois un monsieur au volant d’une machine pour nettoyer les planchers! Je déplace donc mon campement de réfugié au pied de l’autre mur afin de lui permettre de faire son travail et je me recouche aussitôt!

07/07/2016

Lorsque je me lève finalement vers 6 heures, je commence par planifier les prochains jours sur mon ordinateur. Je décide de me trouver une place pour dormir le soir même. Je dois prendre le temps de récupérer, je réserve donc un camping à Burnaby.

Je m’attaque ensuite à mon vélo qui est en pièces dans sa grosse boîte de carton! Je m’installe près des téléphones publics, qui me servent d’établi, j’ouvre la boîte et me retrouve rapidement entouré de pièces et de matériel d’emballage. Les gens sont curieux et se demandent ce que je peux bien faire dans la porte de l’aéroport avec un vélo en morceaux. Deux employés viennent me parler, ils sont tous les deux passionnés de vélo et veulent en savoir plus sur mon voyage! L’un d’eux prévoit même faire un voyage semblable en Europe.

Lorsque je quitte finalement l’aéroport, il pleut et il fait froid. En changeant de vitesse, ma manette se bloque, je me retrouve donc coincé sur la plus grosse vitesse! J’arrête pour essayer de voir ce qui se passe, mais je n’ai pas les outils pour démonter la manette. Je suis frustré d’être coincé dans l’aéroport comme ça.

Je trouve finalement un magasin de vélo à environ 8 kilomètres. À chaque lumière, bloqué sur la grosse vitesse, je dois me battre pour faire avancer mon rafio!

L’employé du magasin de vélo m’aide à entrer mon vélo et inspecte le tout! Finalement, c’était seulement le cable qui était bloqué. Il le replace et ajuste mon dérailleur. J’en profite pour faire vérifier l’ensemble du vélo. Il redresse mes roues, change les roulements de ma roue avant, ajuste le dérailleur avant, ainsi que les freins! En tout, j’ai été deux heures avec lui dans l’atelier, le tout pour une modique somme de 30$! Wow! Il me raconte son voyage en vélo de Vancouver à Toronto qu’il a fait il y a quelques années et me donne quelques conseils pour la route!

Je me dirige ensuite chez MEC pour remplacer mon matelas qui commence à se décoller. Après discussion, un gars du service à la clientèle décide de me changer mon matelas gratuitement, même s’il ne vient pas de son magasin! Les employés me conseillent aussi de garder mon vélo avec moi dans le magasin puisque le vol est très fréquent à Vancouver. Mon vélo, dans les allées du magasin pique la curiosité des gens. Plusieurs employés et clients me questionnent sur mon voyage. Décidément, les gens de Vancouver sont très sympathiques!

En soirée, je réalise que c’est une chance d’être ici à Vancouver! De plus, je ne pourrai probablement pas revenir avant plusieurs années. Je décide donc de rester une journée supplémentaire!

Ce soir, Sidekicks aux épinards avec une bonne canne de thon! Pendant la préparation du dit souper, je me rappelle que je n’ai plus d’ouvre-boîtes! Je me précipite donc à l’accueil du camping pour m’en procurer un nouveau. J’aperçois un très beau modèle, l’emballage vente ses engrenages de précision! Ça doit être bon, c’est écrit sur le paquet! De retour à ma canne de thon, je m’empresse d’essayer ma nouvelle pièce d’ingénierie! Un, deux, trois tours de manivelle, c’est un fiasco! Les soi-disant engrenages de précision tournent dans le beurre! Avec beaucoup d’acharnement, je parviens tant bien que mal à libérer le thon pour l’ajouter à mes pâtes! C’est les larmes aux yeux que je déguste mon repas, je ris sans arrêt!

gee

Jours 48 et 49

04/07/2016

Aujourd’hui, le soleil est très puissant, j’en profite donc pour laver tout mon matériel et trier les choses que je vais emmener avec moi dans l’avion. J’emballe ce que je transporte en trop pour envoyer chez moi par la poste.

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Le soir venu, Gee a eu la gentillesse de m’emmener dans un buffet chinois! Après avoir mangé des repas plus ou moins appétissants pendant quelques jours, j’apprécie beaucoup ce repas! De la nourriture de qualité et en quantité suffisante!

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05/07/2016

Ce matin, nous devons aller chercher la boîte pour mon vélo, car je dois prendre l’avion pour Vancouver demain. Le magasin est ouvert seulement de 10 AM à 5 PM, et Gee vient la chercher avec moi avant son travail. Nous emportons mon vélo pour faire dévisser les pédales. Elles sont collées et je n’ai pas d’outil suffisamment long pour en venir à bout.

La fille au magasin, très sympathique, me donne la boîte et tout le nécessaire pour l’emballage. Elle essaie ensuite de dévisser les pédales, sans succès. Elle demande alors de l’aide à un employé un peu plus loin qui regarde la scène. Ce dernier répond que nous devons laisser le vélo et revenir le chercher plus tard, ce qui est impossible puisque les heures de travail de Gee ne correspondent pas aux heures d’ouverture de la boutique. Nous nous résignons donc à remporter le vélo avec les pédales.

Je profite du reste de la journée pour laver mon vélo et démonter les pièces que je suis capable. Lorsque le propriétaire de l’appartement de Gee revient, il m’aide à retirer les pédales et nous l’emballons dans la boîte. C’est plus difficile que ce à quoi je m’attendais. La boîte, qui semblait énorme, semble maintenant minuscule! Le guidon est la pièce qui nous pose beaucoup de problèmes, il est trop encombrant. Avec beaucoup de patiente et de persévérance, nous parvenons à lui trouver une place. Je suis soulagé que cette tâche soit faite.

Ce soir encore, à mon plus grand bonheur, nous allons dans un buffet chinois!

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Jour 47 – kilomètre 2600 (St. John’s, NL)

03/07/2016

C’est le coeur léger que je me suis levé car, dans la nuit précédente, j’ai eu une réponse sur Couchsurfing! Je pourrai donc habiter chez quelqu’un pendant que je me prépare à partir pour l’Ouest canadien! Je parcours rapidement la distance qui me sépare de Mount Pearl, ville voisine de St. John’s!

En apercevant cette dernière, la gorge m’a serré! Après tant de travail, St. John’s était maintenant en vue! J’ai repensé à tout ce que j’avais vécu dans les dernières semaines, les épreuves, les sacrifices, les rencontres, les joies et les innombrables côtes! À plusieurs reprises j’ai dû puiser au fond de moi pour trouver la force de continuer. J’ai aussi eu une pensée pour ma famille qui commence à me manquer. Souvent, je vois des choses qui je suis sûr, les feraient rire eux aussi! Aujourd’hui est un moment important, ce sont les derniers kilomètres que je fais en m’éloignant de chez moi.

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J’entame donc la longue descente qui m’emmène vers St. John’s. Ce voyage, malgré ses nombreuses tentatives, ne m’a toujours pas débarrassé de mes visions romantiques. Je suis convaincu que la route pour me rendre au Cape Spear, le point le plus à l’est du Canada, est une belle route paisible et sans dénivellation. Je me vois pédaler sans effort avec le sourire aux lèvres. Terre-Neuve n’avait cependant pas dit son dernier mot! Tout de suite en sortant de la Transcanadienne, une satané côte! Je la monte sans me plaindre, croyant que ma belle route est juste en haut, mais après un petit plat, plusieurs autres côtes! Le brouillard est tellement dense que l’eau se condense sur mon vélo, mes lunettes et mon casque. Je dois même rouler à côté de la route car la visibilité est très mauvaise. C’est très impressionnant! Finalement, j’aurai attendu cette belle route jusqu’au stationnement du parc, car les côtes se sont succédées sur plus de 13 kilomètres!

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Cet endroit me rappelle beaucoup de souvenirs car je suis déjà venu avec les cadets plusieurs années auparavant! À l’époque, j’avais l’impression d’être au bout du monde. J’ai un sentiment de satisfaction en pensant que cette fois-ci, j’y suis venu en vélo!

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Il y a tellement de brouillard qu’on ne voit pas ce qu’il y a plus loin sur le site. En suivant les petits trottoir de bois, je découvre des installations datant de la deuxième guerre, un phare et plusieurs autres belles choses! L’endroit dégage une énergie spéciale, c’est le bout du Canada, impossible d’aller plus loin!

Je quitte le Cape spear pour aller rejoindre mon hôte. Je traverse donc la ville de St. Johns sous une grosse pluie en direction de l’aéroport. Ce dernier demeure à peine 2 minutes plus loin.

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À mon arrivée, je suis complètement détrempé. Gee, très gentil, me tend une serviette et m’aide à entrer mes bagages. Il est originaire des Philippines et m’a préparé un repas traditionnel! C’est excellent! Nous allons ensuite faire l’épicerie, puis nous nous couchons.